Dame Companeez : un si joli regard qui dénote aujourd’hui

nina companeez

Une Dame est partie. Une soeur qui nous a raconté une partie du monde avec finesse et élégance. Loin, si loin des codes que nous connaissons, et subissons, aujourd’hui.

Une dame est partie et avec elle une partie des souvenirs d’adolescence de ma génération. Une dame qui permettait encore à la télévision de lier intimement divertissement et intelligence avec sobriété, discrétion. Son regard pouvait même passer pour de la légèreté et de la facilité ; nous étions loin alors des repères lourdingues qui envahissent notre univers aujourd’hui où tout est montré, et si peu suggéré, laissant à la fin ce goût si particulier de la vacuité de l’imagination.

Durant mon exercice matinal de revue de presse personnelle, j’ai papillonné d’un article à un autre. Et fut contrariée de lire le papier réalisé par la branche numérique de la maison à qui elle a tant donné. Contrariée car ces lignes aussi informatives qu’elles soient ne reflètent en rien ce que Dame Companeez restera dans l’histoire tant de la télévision que celle du cinéma où elle réalisa peu -mais tellement singulièrement toutefois- en marquant moultes scenarii de son empreinte.

Au delà, et c’est sans doute le plus triste, de ce texte ne point en aucune façon son sceau qui a impreigné le féminisme pluriel des années 80, en digne héritière de celles qui avaient cogné plus fort. Sa façon étonnante et qui résonnait tant, de raconter les femmes, leur vie, leur chemin, leur âge, au travers de l’histoire du 20ème siècle.

Ce article en forme de communiqué de presse informatif ne rend en rien ce qui fut et restera cette femme. Il est dans la logique de l’absence d’annonce d’une quelconque rediffusion (jusqu’à plus ample informé) : qui sait, sa grammaire visuelle, son engagement, son histoire qui perle au fil de ses réalisations, auraient pu inspiré des jeunes, filles ou garçons. Mais l’univoque, le moule dans lesquels nous évoluons, les repères du modèle dominant que nous connaissons, et subissons souvent, sont à l’opposé de cette finesse qui caractérise son oeuvre.

Rendons au site du journal Belge Le Soir d’avoir su, par la plume de Julie Huon, rendre grâce à cet esprit qui nous a faussé compagnie jeudi.

Vous l’aurez compris. Ce matin je suis doublement triste. Et Simone avait raison, « la nostalgie n’est plus ce qu’elle était ».

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